Formations aux comportements animaliers

Le stress qui marque la peau du chat

Par Mélanie

Jessica Christ, comportementaliste canin et félin, nous livre ses réflexions sur le comportement félin
dans le journal Les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Voici l’article paru dans l’édition du 17 juillet 2022.

 

Floki est un chat européen de 4 ans. Depuis quelques mois, il passe souvent rendre visite au vétérinaire concernant des lésions cutanées de grattage sur sa tête et ses membres.

Les tests ont été menées pour comprendre si Floki souffrait d’allergies ou d’une invasion de parasites. Toutes les pistes de maladies dermatologiques sont pour le moment écartées même si les tests continuent. En parallèle du suivi vétérinaire, Lucas, l’humain de Floki, a décidé de me rencontrer pour creuser les pistes comportementales.

Il est très important de spécifier encore une fois que le travail du vétérinaire est primordial pour écarter les pistes de soucis de santé avant de consulter un comportementaliste. Un bon comportementaliste vous le fera d’ailleurs remarquer avant de démarrer la consultation.

Dans le cas de notre matou, il était intéressant de se pencher sur les pistes de stress et sur les moments précis où surviennent les léchages et grattages. Lors de notre discussion avec Lucas, je m’aperçois rapidement que la vie des deux compères a changé rapidement il y a un an. Séparation, déménagement d’une maison en campagne à un appart strasbourgeois. Voilà deux premières grandes pistes. Un être d’attachement qui s’en va du jour au lendemain peut causer un stress important. Il faut rajouter à cela que Floki a été adopté avant ses trois mois et manque donc de sevrage. Sa gestion émotionnelle, sa capacité à gérer les frustrations et le stress est fortement réduite et cela, à vie, par cette carence. Pour aller plus loin, disons que la maison dans laquelle le chat a pu passer ses premières années se trouvait en face de champs de maïs. Ayant accès à l’extérieur en raison de la sécurité qu’offrait l’emplacement de l’habitation à cette période, Floki avait un terrain de chasse très vaste. Le niveau général de stimulation sonore était aussi assez bas en comparaison avec l’appartement actuel en plein Strasbourg. Aujourd’hui, les journées de Floki se déroulent entre la fenêtre et le canapé. L’humaine qui travaillait moins que Lucas n’est plus présente et les heures de solitude sont longues. Tous ces indicateurs laissent penser que le niveau de stress et de frustration de notre miauleur est très élevé. Cela peut en effet entrainer des comportements autocentrés tels que des léchages et grattages. Ces comportements sont développés comme substituts au stress et entrent dans des séquences qui sont longues et destructrices. Les lésions apparaissent alors et les picotements et douleurs qu’elles génèrent rappellent de nouvelles séquences de léchages ce qui en fait un vrai cercle vicieux.

Mais alors, comment se défaire de ces comportements ? Il est assez difficile de les éradiquer car une fois démarré, ce type d’apprentissage est assez ancré et compliqué à éradiquer. Il faudra dans un premier temps s’attaquer aux causes et non aux conséquences. Traiter le stress à sa source en proposant à Floki un environnement plus stimulant en terme de prédation et de découvertes grâce à des jeux et à un bon enrichissement du milieu. On essaiera beaucoup de choses et on conservera les solutions ayant le plus de succès sur son intérêt. Si la stimulation sonore de la ville est source de trop de stress et que les enrichissements ne suffisent pas, il faudra réoffrir une vie plus proche de ce que le chat avait connu mais ceci est la dernière étape en cas d’échec du suivi. Il est cependant important d’en parler car lorsque la souffrance de l’animal est à ce point, il faut prioriser sa santé et son bien être. De manière générale pour tous les chats qui ne sortent pas, je vous invite à enrichir leur milieu, à changer des petites choses dans leur environnement afin de les stimuler au quotidien ! Bon weekend les chamoureux !

 

Jessica CHRIST – LA PETITE GRIFFE

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