Formations aux comportements animaliers

Mini humain et OUPS le chien

Par Mélanie

Colette Cuenot Bock, comportementaliste canin et félin, nous livre ses réflexions sur le comportement canin
dans le journal Les Dernières Nouvelles d’Alsace.

Voici l’article paru dans l’édition du 10 octobre 2021.

Les propriétaires de Oups m’appellent : Yvette et Jean sont de jeunes grands-parents. Ils gardent Hugo, leur petit fils de 1 an, deux journées par semaine et ils voudraient que Oups cohabite sereinement avec ce nouveau venu et qu’il soit moins destructeur.

Oups est un magnifique berger australien bleu merle de 4 ans. Ils le décrivent comme câlin mais brusque et maladroit. C’est ce qui les inquiète d’ailleurs donc ils laissent le chien au jardin lorsque Hugo est là.

Je me rends sur place et, après mon travail d’enquête, constitué d’observations sur le fonctionnement de la famille dans la maison et d’un questionnaire approfondi, je commence à y voir plus clair.

Certes, Oups est un chien jeune et dynamique, comme sa race le suggérait. Mais avec une balade de 45mn par jour en laisse, il a beau passer la majorité de son temps dans le jardin, cela ne lui suffit pas. Le jardin a beau être grand, il est pauvre en occupations : pas de nouvelles odeurs, la balle a été percée il y a longtemps et il ne reste que le mobilier de jardin à rogner pour passer le temps.

Par ailleurs, Oups n’a jamais côtoyé d’enfants : ni à l’élevage, ni ensuite. Quand Hugo est là, si Oups est à l’intérieur, Yvette n’est pas sereine, elle hausse le ton et le repousse pour qu’il ne s’approche pas trop et – oups – qu’il fasse pas tomber l’enfant encore incertain sur ses jambes. Alors Oups finit souvent à l’extérieur, la journée entière, bondissant contre la baie vitrée à leur passage.

Pour être bien dans ses coussinets, il aurait besoin de 2h de sorties quotidiennes, de jouets avec de la nourriture cachée à l’intérieur pour s’occuper sainement, de friandises à mastiquer pour faire passer le temps : les canidés sauvages passent environ 90% de leur temps d’éveil à rechercher de la nourriture alors qu’Oups termine habituellement sa gamelle en deux minutes. Lui permettre de reproduire ce comportement naturel va l’aider à s’apaiser et à se poser.

De plus, il ne peut savoir de manière instinctive comment se comporter avec ce mini humain. Et jusque là, sa présence n’est associée dans l’esprit d’Oups qu’à de la frustration : on l’empêche d’aller flairer de plus près ces délicieuses odeurs de couches et ces petites mains pleines de miettes et il est bien souvent mis à l’écart de ses humains. Voici les pistes de travail, il est grand temps maintenant de faire des associations positives entre Hugo et Oups pour qu’une harmonie puisse démarrer enfin !

Colette CUENOT BOCK

 

 

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