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Comment choisir un comportementaliste ?

Par Mélanie

Pauline Salvin, Docteure en éthologie et comportementaliste canin et félin, nous dévoile comment choisir un comportementaliste dans la revue édition 2021 de la SPA de Strasbourg.

On assiste aujourd’hui à une augmentation du nombre de personnes s’installant en tant que comportementaliste. A ce jour, il n’existe pas d’exigences de niveau de formation pour pratiquer ce métier. Il est néanmoins obligatoire de posséder une Attestation de Connaissances (anciennement CCAD) délivrée par le Ministère de l’Agriculture pour pratiquer un métier en lien avec les animaux de compagnie. Malgré tout, il est parfois difficile de s’y retrouver parmi tous les professionnels existants. Alors comment choisir au mieux un comportementaliste ?

Un comportementaliste est un professionnel spécialisé dans la relation humain-animal. Il vient en aide aux personnes rencontrant des difficultés de cohabitation avec leur animal de compagnie ou ayant besoin de conseils avant l’arrivée d’un animal à la maison. Son but est de créer ou restaurer une relation harmonieuse et respectueuse entre l’humain et l’animal ou entre deux animaux vivant ensembles (un chien et un chat par exemple).

Pour cela, il analyse de manière globale les relations entre les membres du foyer familial (humain et animal) et l’environnement dans lequel chacun vit. Il va ainsi observer et se renseigner sur les personnes entrant en contact avec l’animal de compagnie, leurs habitudes, leurs règles de vie, le passé de l’animal s’il est connu, les apprentissages plus ou moins heureux qu’il a pu faire, l’aménagement du lieu de vie, etc… Ces informations permettront de déterminer au mieux les causes du ou des comportements produits par l’animal et pouvant être considérés comme gênants par l’humain. Dans cette démarche, le comportementaliste préférera donc généralement intervenir au domicile du client.

Suite à cette analyse globale, le comportementaliste proposera des stratégies de résolution adaptées à chacun, c’est-à-dire des modifications à apporter dans l’environnement de l’animal et de l’humain afin d’améliorer le bien-être de chacun. Ne vous laissez pas imposer des règles toutes faites. Un bon comportementaliste s’adapte à chaque binôme humain-animal qu’il prend en charge. Il est également légitime qu’il vous explique précisément pourquoi il suggère telle ou telle solution, qu’il s’assure que ce soit en accord avec la finalité que vous visez et que celle-ci soit réaliste. Pour modifier les comportements d’un animal, il faudra toujours faire des efforts plus ou moins importants selon l’intensité du comportement à changer ; mais les objectifs doivent rester atteignables : inutile de demander à un propriétaire de sortir son chien 5h par jour alors qu’il travaille à temps complet au bureau… le comportementaliste doit trouver des stratégies alternatives.

L’intervention du professionnel dure généralement entre une et deux heures. En fonction des problématiques, une à deux séances suffisent (hors cours d’éducation canine). Un suivi du client par mail, téléphone et/ou message devrait ensuite suivre l’intervention pour évaluer les progrès de l’animal et de l’humain, les difficultés rencontrées et, si besoin, effectuer des ajustements des stratégies de résolution.

Le comportementaliste doit donc posséder des compétences et des connaissances solides en éthologie, en psychologie humaine et en communication. Il doit maîtriser parfaitement l’éthogramme (répertoire des comportements) de l’espèce animale pour laquelle il intervient (généralement le chien et le chat). Il est donc conseillé de vérifier le parcours de formations du professionnel avant de faire son choix.

Le comportementaliste doit aussi maitriser les lois de l’apprentissage et utiliser des méthodes modernes maximisant le bien-être de chaque être de la relation. Il est donc conseillé de choisir un comportementaliste utilisant des méthodes bienveillantes et respectueuses de l’animal ET de l’humain. Généralement, toutes ces informations se trouvent sur le site internet ou la page du réseau social choisi (Facebook, Instagram, LinkedIn, etc…). Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à appeler le professionnel pour vous renseigner.

Il doit aussi être conscient de ses limites d’action et, si besoin, vous orienter vers un vétérinaire pour éliminer toutes causes médicales liées aux comportements gênants et pouvant rendre inefficace un travail basé sur des modifications comportementales. Il peut aussi vous réorienter vers un autre professionnel s’il estime ne pas avoir les capacités pour résoudre la problématique rencontrée.

Aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux et aux sites internet, il est possible d’accéder à différents avis concernant le professionnel. Un esprit critique est tout de même recommandé face à ces affluences de commentaires pas toujours objectifs.

Enfin, un comportementaliste ayant des années d’expérience n’est pas forcément un bon comportementaliste. Des recherches scientifiques constantes permettent de montrer que certaines connaissances et méthodes sont aujourd’hui obsolètes. Pourtant, certains professionnels installés depuis longtemps peuvent travailler avec des méthodes dépassées. Privilégiez donc des personnes mettant à jour leurs connaissances et se formant régulièrement.

Pauline SALVIN

revue_SPAStrasbourg_2021

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