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LBS général

17 années au service des propriétaires, refuges, associations, plusieurs ouvrages publiés, des années d’enseignement en France et à l’international pour défendre la cause des animaux prédilection.


Expertise...

Un chien « normal »

Que signifie « être normal » pour un chien ? Et quelles sont les conséquences si l’humain entrave l’expression de cette normalité ?

Chien normalSelon les études en vigueur actuellement, le chien serait  devenu le meilleur ami de l’homme en jouant le rôle d’éboueur, de guide de chasse et de gardien auprès des campements de nos ancêtres, il y a environ 20.000 ans. La plupart des scientifiques pensent que ce sont des loups moins craintifs que les autres qui, à cette époque, ont lié leurs destins au nôtre, montrant que nos deux espèces pouvaient être complémentaires.

On sait ce que les hommes ont fait de ces quadrupèdes par la suite : 358 races reconnues aujourd’hui par la Fédération Cynologique Internationale (FCI), allant des races naines (York, Chihuahua) de quelques kilos aux races géantes de plus de 90kg (Mastiff).

 

Et pourtant, malgré leurs différences morphologiques, capillaires ou athlétiques, nos chiens domestiques ont conservé des caractéristiques similaires, regroupées sous le terme d’éthogramme : le répertoire des comportements de leur espèce. Roger Abrantes affirme que 80 % des comportements sociaux de nos chiens sont les mêmes que ceux du loup.

L’éthologie pour comprendre son chien

Quelle que soit sa race, notre chien a des instincts et des besoins physiques et psychologiques… de chien. Menacer en grognant ou montrant les dents, est une attitude vitale : il s’agit de faire respecter ses émotions, ses douleurs, son espace ou sa nourriture à un autre sujet. Courir pour rattraper l’autre, le bloquer ou l’expulser, correspondent à une séquence de prédation pour le chasseur qu’il est. Marquer un endroit de son odeur revient à informer l’autre de sa présence et de son identité.

Vous l’aurez compris, « l’autre » peut aussi bien être canin qu’humain, car le chien utilise en premier lieu son propre langage pour s’exprimer, quel que soit son vis-à-vis. Je vous propose de relire les phrases précédentes en remplaçant « l’autre » par « un enfant » pour apercevoir des scènes que vous avez peut-être déjà vécues, ou pour saisir des dangers insoupçonnés.

Comprendre le chien, c’est le respecter

Je vous le confirme, le chien « normal » se lancera à la poursuite d’une odeur ou d’une créature en mouvement, mangera tout ce qu’il trouve de comestible (pour lui), aboiera sur les passants qui s’approchent trop prêt de son espace, mordra celui qui n’aura pas prêté attention à ses signaux de menace, se roulera avec délectation dans des horreurs olfactives (selon nous). Il passera des heures à flairer, et aussi du temps à courir et à jouer avec ses congénères. C’est biologique !

A contrario, quand ces comportements, correspondant à ses besoins et à ses émotions, sont ignorés voire réprimés, ce que nous offrons à notre chien devient peu enviable. C’est la partie la moins agréable du métier de comportementaliste : le mal-être, l’anxiété, l’inactivité, etc. provoquent chez nos animaux de compagnie des comportements de substitution qui vont jusqu’à la paralysie émotionnelle (« état de détresse acquise » ou « syndrome de Klüver-Bucy »).

Le comportement du chien qui vocalise, détruit, est malpropre peut être incompris ou mal interprété par son propriétaire, pourtant c’est un chien qui s’exprime conformément à son répertoire éthologique, alors n’est-il pas …normal ?

 

Laurence Bruder Sergent
Vox Animae



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