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Laurence Bruder Sergent

18 années au service des propriétaires, refuges, associations, plusieurs ouvrages publiés, des années d’enseignement en France et à l’international pour défendre la cause des animaux


Expertise...

Un chien dans une boite ?

Peut-être avez-vous déjà entendu ce conseil : enfermer un chien dans une boite permet de traiter les problèmes de comportements.


Malheureusement de plus en plus de personnes s’entendent conseiller, par des professionnels ou des particuliers qui ont eux-mêmes utilisé cette pratique, de séquestrer l’animal plusieurs heures, dans une cage de type « boite de transport ».

Les comportementalistes formés à la résolution des problèmes de cohabitation entre l’Humain et l’Animal, s’insurgent contre cette technique d’un autre âge, trop souvent banalisée, conseillée pour toutes les situations, et considérée comme « sans risques ».

L’un des questionnements que soulève cette pratique, est que l’on ne s’intéresse pas aux dommages émotionnels et psychologiques engendrés.

Pourquoi néglige-t-on la sensibilité du sujet qui se trouve privé de totale liberté de se mouvoir, se coucher confortablement, se nourrir et s’abreuver ?

Certes, les partisans de telles pratiques rétorqueront qu’on peut laisser une gamelle et une couche confortable au chien, et même quelques jouets, dans ces quelques centimètres carrés de prison. Je doute pourtant que cela lui rendra la réclusion plus agréable.

Que cherche-t-on à obtenir par l’enfermement ?

Chien qui hurleLes chiens destructeurs peuvent causer des dégâts sérieux dans les habitations. Les aboyeurs sont une calamité pour les voisins. Ceux qui sont malpropres obligent leurs propriétaires à faire un grand nettoyage à leur retour après une absence.

Destructions, nuisances sonores et éliminations multiples sont les principales raisons qui motivent à l’enfermement de l’animal. Et effectivement, le fait d’être limité dans ses déplacements engendre une atténuation voire une suppression desdits comportements.

Logique, puisque l’auteur ne peut plus bouger.

Supprimer la manifestation du problème, mais pas sa cause

En recommandant de tels procédés, on ne s’intéresse cependant qu’aux symptômes et non à la ou les causes des comportements dérangeants. Si l’on cherchait l’origine du problème, les stratégies à proposer la traiteraient bien plus efficacement sur du long terme et avec bien moins de dommages psychologiques.

Par contre, l’objectif d’une résolution définitive d’un problème implique que l’on prenne du temps, et que l’on travaille pour y arriver. Il faut d’ailleurs se faire aider et conseiller par de vrais professionnels, pour adapter sa stratégie aux réponses de l’animal. Il est évident que cela freine beaucoup de monde, et que la solution de la cage est plus facile, pour un résultat immédiat contre peu d’efforts à fournir. 

Je pense pour ma part que quand est infligée une telle contrainte, on ne peut plus parler d’animal « familier ». 

 

Laurence Bruder Sergent
Vox Animae



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