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Vincent Pfeiffer

La connaissance de la biologie et l'éthologie de nos carnivores domestiques est en priorité ce qui guide l'organisation des journées et les aménagements réalisés dans ma SPA de Besançon.


Expertise...

Pratique alimentaire

Ne croyez pas que je me plais à vous dépeindre votre fidèle compagnon plus bestial qu’il n’est, mais j’ai  à cœur ce sujet, car je pense qu’il cristallise notre rapport contemporain à nos animaux de compagnie. Aussi, encore une fois, grâce à quelques interrogations, j’espère pouvoir vous donner matière à réflexion…

La vie d’un animal est d’abord faite de la quête de sa pitance et de son besoin de se reproduire. Pas de méprise, n’y voyons pas là un quelconque manque d’intérêt, nous sommes aussi programmé pour cela, mais d’une façon à peine plus compliquée.

En captivité, en zoo par exemple, on peut comprendre la déprime et l’ennui de ces êtres, à qui tout tombe tout cuit, et en plus d’une façon on ne peut plus répétitive et insipide. Les soigneurs et les vétérinaires le savent, enrichir le milieu en compliquant au maximum l’acte de se nourrir peut faire des miracles sur un tigre qui arpente tristement sa cage de long en large, sur un loup qui tourne incessamment après sa queue, ou sur un singe qui se balance le regard vide.

Un ersatz de comportement alimentaire naturel est toujours mieux que rien pour des êtres qu’on prive de la dure, mais néanmoins légitime, loi de la nature.

 

« Manger ou être mangé. »illustration de Patrice Seiler

En effet, la loi de la nature et cette mort si facilement présente effraye le genre humain. Et transposant tout naturellement nos propres phantasmes d’immortalité sur nos chers chiens et chats (entre autres), nous sommes en cela très perméables à qui nous promettra tout cela. Mais encore une fois, avons-nous les moyens d’interroger nos compagnons ? Je pense sincèrement que nous sommes aujourd’hui aveugle par complaisance : -« Vivre plus vieux en captivité que libre »,  à quoi bon, si c’est pour vivre à moitié ? Et c’est bien là pourtant le fond de commerce et la caution que se donnent les parcs animaliers.

-« Pour être en bonne santé, mangez des produits les plus frais et les plus sains possibles ». Dit-on aux humains.

-« Pour qu’ils soient en bonne santé, ne leur donnez jamais rien de frais de toute leur vie, mais une nourriture industrielle standardisée. » Dit-on à ces mêmes humains pour leurs animaux.

-« Oui mais les croquettes, c’est plus pratique. »

-« Certes, mais depuis quand un animal doit-il être pratique ? »

D’ailleurs, si on ne faisait pas croire aux gens qu’avoir un animal c’est aussi pratique que de verser quelques croquettes chaque jour, peut-être réfléchiraient-ils un peu plus avant de « craquer » pour le chiot en vitrine !

La frustration de beaucoup de maîtres dans cet acte nourricier qui pourrait être d’amour, se traduisant par de petits « à côtés », souvent mal choisis malheureusement.

 

Les idées reçues ont la dent dure 

Le chat est un carnivore, tout comme le chien pourtant un peu plus opportuniste. Leur physiologie (système digestif très court, carburant aux lipides plutôt qu’aux glucides…), leur physique (dentition, appareil sensoriel…), leur rapport à leur environnement (prédation, organisation sociale…), tout en fait de magnifiques mangeurs de viande. Mais maintenant, la viande est tout sauf politiquement correcte. Et le simple fait de manger quelque chose qu’ils n’ont pas chassé n’est  sûrement pas réellement satisfaisant pour des carnivores, aussi domestiques et familiers soient-ils.

-Savez-vous que les industriels du pet-food* ne sont pas tenus de noter dans la composition des aliments, leur teneur en conservateurs (ou autres joyeusetés) si ce n’est pas eux même qui les ont ajoutés ? Lorsque par exemple, ils achètent une matière première qui en contient déjà.

-Savez-vous que ce qu’ils appellent « viandes » sont en fait ces fameuses farines animales ?

-Savez-vous que « sous produits animaux » signifie plumes, sang, becs, sabots, viscères, os et compagnie ?

-Savez-vous que le prix au kilo d’une croquette moyenne est plus élevé qu’un large choix de viandes ou poissons frais pour consommation humaine ? Alors qu’une croquette ne contient qu’une infime partie de viande, qui plus est de très mauvaise qualité, carbonisée et traitée.

-Que pensez-vous d’un aliment pour carnivore qui contient plus de 80% de céréales ? Sachant qu’un chien ne possède pas les amylases nécessaire pour en tirer quoi que ce soit…

-Que dire à propos de ces mêmes céréales contaminées à des taux de mycotoxines dangereux, et si riches en OGM ?

-N’est ce pas inquiétant qu’un animal parvienne à être malade, pour peu qu’il change de marque ou même juste de gamme de croquettes ? Quid de la variété alimentaire, et de la viabilité d’une espèce réduite à cela ?

-Pour quelles raisons, sinon un bidouillage mondialiste permettant de faire ailleurs ce qu’on n’a pas le droit de faire ici, les industriels du pet-food font fabriquer un aliment via une dizaine de pays différents ? Pour finalement assembler le tout dans un pays où il fait bon avoir son siège social et un « made in ».

 

On est ce que l'on mange ?

Catherine Kousmine en son temps, puis d’autres nutritionnistes, ont insisté avec bon sens sur l’importance de la valeur biologique de ce qu’on mange. Ce qui est trop raffiné, trop cuit, trop stérilisé, trop industrialisé n’a tout simplement que peu d’intérêt, sinon nocif, pour les organismes. Un aliment stable (trop stable), inerte, est donc mort.

Alors, par quels moyens techniques (cuisson extrême, stérilisation, anti-fongiques, anti-septiques, conservateurs, etc.) les pet foodeurs peuvent-ils proposer aux chiens et chats des croquettes stables à température ambiante et garanties en vitamines des mois après ouverture ?

Bref, pensez-vous qu’un maçon qui monte un mur à toute vitesse avec des matériaux de piètre qualité ou pourris d’avance, vaut un autre qui choisit ses pierres et les assemble lentement mais sûrement ? C’est pourtant une métaphore valable de la façon dont nos animaux poussent aujourd’hui.

 

Baudelaire disait : « la plus grande ruse du diable, est sûrement de nous faire croire qu’il n’existe pas ».

Moi je dirais que la plus belle réussite des industriels de la mal-bouffe animale est de nous faire croire qu’aujourd’hui il n’existe pas d’alternative à leurs produits (ils ne sont pourtant là que depuis les années soixante!). Et notre plus grand tort est bien de recevoir sans méfiance le marketing des industriels de l’animal de compagnie, alors que nous sommes par ailleurs si conscients que leurs intérêts et leur discours ne servent presque jamais les nôtres !

Pour séduire l’animal, l’étranger, l’offrande de nourriture est aussi instinctive que sensée. C’est sûrement par ce biais, qu’il y a des dizaines de milliers d’années, l’homme séduisit le chat, et le loup devenu chien. C’est avec humour et cynisme qu’aujourd’hui je doute qu’avec ce que nous avons à leur proposer, nous pourrions encore parvenir à ces superbes rapprochements inter-spécifiques !

 

Pour la nutrition de votre animal, vous trouverez réponses et conseils en vous adressant à votre vétérinaire.

*alimentation animale

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Pour aller plus loin :

 

-Ouvrages : « Mon animal mange t il bien ? »   Chantal Robinson   Le Jour éditeur

                   « Un vétérinaire en colère »   Dr Charles Danten  VLB éditeur

 

-Web : www.barf.ch

           www.e-monsite.com/alimentationcanine/

 

 

Vincent Pfeiffer

Comportementaliste

Directeur de la SPA de Besançon



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