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Vincent Pfeiffer

La connaissance de la biologie et l'éthologie de nos carnivores domestiques est en priorité ce qui guide l'organisation des journées et les aménagements réalisés dans ma SPA de Besançon.


Expertise...

Le bâton et la carotte - Page 2

La terminologie contemporaine également est à la limite de la publicité mensongère : parler de dressage n’est pas à la mode car cela fait référence à des méthodes passéistes et violentes. On parle maintenant d’éducation. Vend-on finalement autre chose que du conditionnement ?Eduquer est un terme réservé à l’homme car étymologiquement, cela implique un vecteur commun : le langage. Le chien n’ayant pas accès au langage, il ne peut être que conditionné.

A l’inverse, il est coutume dans les sports de mordant par exemple, d’utiliser le mot « travail » lorsqu’on va pratiquer ce loisir avec son chien. Bien souvent, j’ai la fâcheuse impression que cela ne sert pas qu’au panache, mais également à justifier ou excuser des pratiques punitives particulièrement cruelles. (Chien de berger, chien guide, chien de détection d’explosif, de sauvetage… eux travaillent par contre!)

Dommage que personne n’explique que la sanction, lorsqu’elle est bien connue et bien appliquée est un outil dont on ne peut se passer. Cette diabolisation et le tabou qui règne autour fait malheureusement le lit de moyens détournés et donc pervers de punir son chien, ce qui ne manque pas de l’angoisser incomparablement plus tout compte fait. 

-Comment fuir ses responsabilités et générer une situation angoissante à long terme pour le chien :
« -Lorsque Rex n’écoute pas ou qu’il a fait une bêtise, je le gronde en lui expliquant bien, puis je sors avec lui et nous répétons plusieurs minutes d’exercices, marche au pied, assis, couché surtout. Enfin, nous rentrons et il va au panier sans manger » (pour lui montrer qui est le maître, ça va de soi) Que peut comprendre Rex à ce cérémonial décontextualisé, qui a lieu longtemps après la fameuse bêtise et qui se sert d’exercices qui normalement n’ont pas valeur de punition ? Rex est finalement bien plus stressé et bien plus maltraité en fin de compte que s’il il avait reçu une tape au moment où il a été pris sur le fait. Il a pourtant baillé, il s’est pourtant gratté et aussi soumis, mais avec tout son attirail de codes canins, il n’a pas réussi à désamorcer cette situation désagréable, et n’a rien compris non plus à ce qu’on attendait de lui. La violence est invisible, et fait pourtant bien plus de dégâts qu’une sanction mesurée, dépassionnée et surtout contiguë au comportement à interdire. Le maître reste sur sa faim, ne sait pas quand stopper, comment mesurer et quoi inventer pour punir sans sanction physique. L’aspect pédagogique est gâché, la relation abîmée.

Chien maltraitéCeci, les marchands l’ont compris. Le maître est décomplexé de la télécommande ? Qu’à cela ne tienne, un collier électrique se chargera, à distance, de faire le sale boulot.

Mais la mémoire du chien étant associative on m’appelle parfois à la rescousse lorsque le chien a été sonné alors qu’une voiture passait dans la rue, ou un enfant était à proximité… Face à cette douleur inexplicable et diffuse, l’esprit du chien se doit de trouver un « coupable » dans son environnement proche.

Le traumatisme est encore plus fort lorsqu’il s’agit de clôtures électriques enterrées fonctionnant par ondes radio : la limite virtuelle est si incompréhensible que le chien refuse souvent radicalement de sortir au jardin.

 

Et lorsque ce même mécanisme électrique est relié à un détecteur d’aboiement qui électrocute à chaque bruit sourd ou aboiement d’un autre chien, ne fait-on que traiter technologiquement une « mauvaise habitude » ? (Qui en fait est sûrement le symptôme, la conséquence, d’un problème ou d’un mal-être ainsi gommé uniquement dans sa manifestation)



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