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Vincent Pfeiffer

La connaissance de la biologie et l'éthologie de nos carnivores domestiques est en priorité ce qui guide l'organisation des journées et les aménagements réalisés dans ma SPA de Besançon.


Expertise...

Le bâton et la carotte

Tous les maîtres le subissent régulièrement, lorsqu’on en vient à parler de chien, il est très exceptionnel de ne pas avoir affaire à quelqu’un qui n’a pas un avis très tranché sur ce qu’on doit, et ce qu’on ne doit pas faire en la matière.
Là, commence l’épreuve de patience dont devra faire preuve le cynophile…
-« J’ai toujours fait ça avec mon chien. Et figurez-vous, j’ai eu des bergers allemands toute ma vie » Retenez-vous si vous avez envie de dire qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

Pourtant, lorsqu’il ne passe pas sous silence, un domaine mériterait qu’on s’y attarde : qu’en est-il de la notion de sanction dans la vie avec un chien familier ?

Certes, aujourd’hui qu’il s’agisse de cheval ou de chien, les méthodes douces font vendre, et il est plus à la mode de chuchoter que de hurler, comme cela se fait encore sur les terrain de clubs canins (un problème de surdité?). Les agilitistes, entre autres, ont importés le tout-renforcement-positif, où à l’aide d’un clicker, d’une ceinture banane et de beaucoup friandises, ils ont réussi (en empruntant cette technique de dressage aux delphinariums) à se transformer en distributeur de nourriture muet et vivant. La tendance forte est de faire totalement oublier toute notion de punition. Bref, on a souvent l’impression que dans l’ère de l’animal roi, on en est à l’éducation soixante-huitarde du cabot !

Il y a Pat Parelli qui murmure aux oreilles des chevaux (et au passage leur laisse un électro-encéphalogramme largement aussi perturbé qu’avec de méthodes dites traditionnelles). Et aussi César Millan, qui séduit et sévit sur le câble, se présentant, sourire pour dames aux lèvres, comme le représentant des méthodes douces, et qui vous explique doucement et sans geste brusque, comment exécuter un point de pression sur l’artère carotide d’un chien afin de priver son cerveau d’oxygène, et donc évidement de lui montrer qui est le maître! (Je ne l’ai malheureusement jamais vu faire que sur des petits chiens !)

Education du chienToutes ces méthodes miracles, et soit disant universelles, vendent surtout du matériel, mais dans le fond, en matière de conditionnement, personne n’a jamais réinventé ni Pavlov, ni Skinner.

Si l’homme a parfois l’impression de pouvoir découvrir ce qu’il y a d’intelligence chez le chien, c’est surtout dans son immense capacité à trouver ce qui lui apporte quelque chose d’agréable qu’il est le plus étonnant.

Dans ce domaine, ses capacités d’adaptation et sa ténacité sont telles que souvent on pourrait croire qu’un chien guide d’aveugle, un chien de recherche en décombres ou en avalanche, puissent être emprunts d’empathie ou d’altruisme.

 

Ceci est malheureusement faux, le chien n’agit que par intérêt : le labrador chien-guide a été tant conditionné par sa première motivation : son ventre, qu’il exécute de façon mécanique tous les exercices qu’il a appris lors de sa formation. Et le malinois qui gratte frénétiquement la neige pour dégager la personne ensevelie, n’espère y trouver que son « apportable de motivation », qui pour lui promet une partie de jeu…



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