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Gwendoline Le Peutrec-Redon

Comportementaliste spécialiste du chat, mes compétences s'étendent à tous les problèmes de comportement félin, y compris des chatons grâce à mon activité d'éleveuse.


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Laisser votre chat sortir en vacances : fausse bonne idée ?

Pour environ 12 millions de chats en France en 2016 et une très grande majorité de chats libres qui entrent et sortent de leur maison à leur guise, un nombre croissant de chats vivent captifs en maison ou en appartement. Alors quand viennent les vacances, beaucoup de propriétaires souhaitent offrir la liberté à leur chat mais est-ce vraiment une bonne idée ?


Chat libre ou chat captif ?

Nous n’évoquerons ici que les chats qui ont un propriétaire attitré puisque les autres petits félins (haret, marron,…) ne sont pas concernés par cette problématique.

Ainsi, nous avons trois grandes catégories de dyades homme-chat dans les foyers français. Les chats complètement libres qui vont et viennent dans leur habitat au gré de leurs envies par des systèmes de chatières notamment puis les chats qui peuvent avoir accès à l’extérieur sur demande et dont les propriétaires jouent le rôle de « portiers » (l’amplitude des sorties pouvant être plus ou moins grande) et enfin, les chats dits captifs qui n’ont aucun accès à l’extérieur.

Questions de pratique, d’organisation, de protection et de sécurité, les raisons sont multiples et personnelles à chacun des propriétaires de chats avec plus ou moins de pertinence, on se l’accorde !

Cela dit, les familles ayant un chat qui ne sort pas mais qui aimeraient pouvoir le faire – accueillent les vacances comme une bonne occasion d’offrir le cadeau de la liberté pendant cette période. Minet vit habituellement dans son 50m2 parisien va avoir droit aux joies de la vie extérieure pendant 2 semaines, dans les champs qui bordent la jolie location de vacances ...

A lui le vent dans la fourrure, les sons des oiseaux  dans ces grands arbres, le crissement des pas feutrés des musaraignes dans les épis de blés, les troncs et les abris naturels pour dormir au soleil et la possibilité d’explorer un territoire infiniment grand. Et oui, vu ainsi, pourquoi l’en priverait-on ?

 

Un cadeau empoisonné

Dans ce beau tableau, il y a toutefois un problème inéluctable : le retour à la maison. C’est bien là que pèchent toutes ces bonnes intentions…

En effet, ce chat aura découvert une multitude de stimuli qui sont ceux de son biotope de base, il aura pu exprimer des comportements propres à son espèces parfois impossibles ou difficilement réalisables en captivité, il aura développé de nouveaux réflexes, fait de nombreux apprentissages qui se traduisent physiologiquement par une multiplication des connexions neuronales et, d’un coup, il se retrouve à nouveau dans un environnement appauvri.

Cela ne veut pas dire que les personnes ne proposent rien d’intéressant à leur chat chez eux mais que, par essence, les stimulations de la nature sont infiniment plus nombreuses, complexes et variables.

Le chat (felis silvestris catus) est une espèce territoriale, solitaire qui s’est développé dans un environnement précis et pourtant riche qui est bien loin de l’intérieur douillet de nos foyers. Alors, quand celui qui vit captif, découvre l’émulation que provoque une sortie, il est très difficile pour lui de ne pas y prendre goût.

C’est ainsi que les comportementalistes observent une flambée de consultation au mois de septembre, après les grandes vacances, pour divers problèmes de comportement : éliminations hors litière, griffades démultipliées, agressions, miaulements nocturnes intempestifs, apathie…

Il se passe une chose très simple : le chat est en état de frustration intense ! En effet, toutes les aptitudes qu’il a développées, toutes les activités qui l’ont défoulé, tous les instincts qu’il a comblés ne pourront plus s’exprimer. Oui mais avant ? Et bien justement, avant, il ne les avait pas expérimentés, avant, il s’était adapté à ce qu’il a toujours connu : la vie en intérieur.

 

Alors que faire ?

Si vous avez le choix, il vaut mieux laisser son chat chez soi quand vous partez en vacances. En sa qualité d’animal territorial,  il sera moins déboussolé par votre absence que par le changement de son environnement.

Je dois préciser toute de même que certains chats très territoriaux apprécieront ce changement et que certains autres, très (trop ?) attachés à leur propriétaire vivront moins mal le déplacement que la séparation. Attention cela ne représente pas la majorité des cas. Il faut penser à prévoir le passage de quelqu’un qui s’occupera de la litière, des gamelles et qui vérifiera que tout va bien.

Quand on n’a pas le choix et que l’on doit emmener son chat captif en vacances, surtout ne pas le laisser sortir, même un peu. Par contre, aménagez-lui ses endroits dans la location : un endroit pour dormir ou surveiller en hauteur, un griffoir, sa nourriture habituelle.

Pensez également à lui proposer des jeux d’exploration ou de prédation comme des petites souris à l’herbe à chat, des petites balles avec grelots ou encore une canne à pêche avec une plume. Ainsi, il sera moins déstabilisé et vous éviterez quelques soucis liés au stress de la déterritorialisation.

Et si un jour, vous déménagez là où se trouve un jardin alors dans ce cas, l’accès à l’extérieur et les joies de la liberté seront les plus cadeaux que vous pourrez offrir à Minet.

Gwendoline Le Peutrec-Redon



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