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Vincent Pfeiffer

La connaissance de la biologie et l'éthologie de nos carnivores domestiques est en priorité ce qui guide l'organisation des journées et les aménagements réalisés dans ma SPA de Besançon.


Expertise...

L'hyper-type, le chien modifié par l'homme - Page 1

Chien éponge. Chien baromètre. Chien support d’expression. 
La théorie communément admise est que tout chien descend du loup, les races très nombreuses (au moins 400 reconnues) et les croisements, donnent une disparité au sein de l’espèce qui n’a pas d’égal dans tout le règne animal. 
Du chihuahua de quelques grammes au mastiff d’une centaine de kilos, tous viennent du loup et ont été créés artificiellement par l’homme. 

L’évolution sociologique de l’humain explique les modifications apportées à son fidèle compagnon. A travers des moyens plus ou moins réversibles, plus ou moins coûteux, à court et à long terme, l’intervention sur le chien familier en fait un moyen d’expression docile, supportant presque toutes les pressions de son milieu : l’extrême proximité de l’homme. 

comparatif crânesD’abord le modelage peut se faire par sélection génétique. De ce point de vue, le chien est pratique puisqu’il supporte une consanguinité assez serrée, ce qui permet aux éleveurs de fixer des caractères en peu de générations. Mais comme disait Darwin, on ne peut sélectionner un seul caractère sans que d’autres soient associés. Et comme certaines races existent depuis longtemps, ces sélections ont malheureusement été plus éclairées par le folklore que par de réelles données scientifiques ou éthiques. 

Prenons ici pour exemple le berger allemand issu de lignée « de beauté » : quasi plantigrade, dont les angulations des membres étaient sensées favoriser le trot et le saut, et qui finalement rendent le chien inapte à tout exercice physique, et souffrant dès les premières années de sa vie !

C’est aussi de par la sélection génétique qu’on parvient à littéralement modifier le métabolisme des chiens pour assouvir quelques loisirs ou jeux d’argent. Comme premier exemple, je citerai le cas de certains chiens de traîneau très spécialisés (alaskan husky), qui, pour assouvir leurs besoins énergétiques quotidiens devraient pour cela ingérer quelques trois kilos de viande et graisse si ils étaient nourris naturellement. Mais ces chiens n’ont la capacité de digérer qu’un bol alimentaire de 300 grammes ! Croquettes hyper énergétiques ou tu meurs...

Le second exemple est celui des galgos, ces lévriers espagnols qui, formatés pour un effort explosif, peuvent carburer aux glucides, donc aux sucres (contrairement aux autres chiens qui brûlent les lipides). Les réformés des champs de course qui survivent aux dopants et aux mauvais traitements souffrent à vie de leurs dents pourries.

Et que dire de la sélection génétique chez un irish wolfhound dont le cœur lâche, car trop petit pour les mètres de tuyauterie de son corps géant ? Ou du komodor, ce chien parait-il de berger, mais qui affublé d’un pelage qui forme des cordes, le rend non seulement quasi aveugle mais aussi candidat à la noyade ? 

D’autres comme le bulldog anglais, illustrent la fascination de l’homme pour la tératologie* : la face aplatie à l’extrême, les sinus aussi mal agencés que l’occlusion de ses mâchoires, ayant peine à se mouvoir ; le mâle en détresse ventilatoire n’est non seulement plus capable de saillir la lice, mais elle-même est incapable de soutenir le poids de monsieur. De toute façon, gamètes faiblardes et un bassin plus étroit que la tête des chiots, obligent l’homme à intervenir à toutes les étapes de la reproduction.

 



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