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Laurence Bruder Sergent

18 années au service des propriétaires, refuges, associations, plusieurs ouvrages publiés, des années d’enseignement en France et à l’international pour défendre la cause des animaux


Expertise...

L'évaluation comportementale

Par Laurence Bruder Sergent

Cette terminologie est entrée dans le vocabulaire des propriétaires et professionnels du chien depuis la loi sur les sujets potentiellement dangereux.

Un animal figurant sur une liste de chiens catégorisés ou étant d’un profil particulier (mordeur, hors norme par rapport à ses congénères, repéré comme étant « à surveiller »…) doit être soumis à une évaluation comportementale auprès d’un vétérinaire agréé. Faute de quoi, un certain nombre d’obligations et de sanctions pourraient être infligées, allant d’une surveillance particulière du chien, de mesures contraignantes pour les humains, jusqu’à l’euthanasie de l’animal.

Le dispositif

L’évaluation comportementale a globalement pour objectifs de connaître un individu, de comprendre ses comportements, d’estimer, anticiper et se prémunir des risques éventuels pour lui-même, son entourage et la population en général.

Après une période d’observations, de tests et éventuellement de contacts tactiles, l’observateur dresse un bilan sur les attitudes du chien, apporte ses conclusions sur son comportement potentiel dans certaines situations et dispense ses conseils aux propriétaires ou aux détenteurs (un refuge par exemple).

Les avantages de la méthode

Une observation distanciée dans un lieu neutre permet de se faire une idée sur l’adaptabilité d’un sujet, et notamment sur ses capacités à faire face à une situation nouvelle : présence d’une personne inconnue jusque-là, environnement différent du quotidien, demandes inhabituelles. Ses réponses devront être modérées et proportionnelles à l’intensité du stimulus initial.

De plus, selon les expérimentations qui sont faites, les réactions de l’animal renseigneront sur sa bonne sociabilité vis-à-vis des personnes et des congénères, sa tolérance à la contrainte, sa gestion de la frustration, l’adéquation de ses postures au répertoire comportemental classique de l’espèce, etc. 

Même si elle est imparfaite, cette prise de mesures a le mérite d’exister et permet un certain nombre d’anticipations.

Les failles du concept

Le fait de se trouver dans un environnement inaccoutumé perturbe de nombreux animaux (il y a des humains qui n’apprécient pas davantage de quitter leurs repères) et impacte invariablement leurs comportements.

On peut se demander si une observation (parfois au travers d’une vitre ou d’une grille de box) renseigne suffisamment sur les attitudes qui auront lieu dans un autre contexte de vie, dans la rue, dans la famille, au sein de l’habitation, etc. C’est comme si vous étiez observé durant quelques minutes par quelqu’un qui prétendrait ensuite vous connaître intégralement : ce n’est pas vraiment satisfaisant ni prédictif.

L’évaluation optimale

Cependant, pour être exhaustif et se faire une idée la plus précise possible du profil de chacun, un maximum de domaines devraient être étudiés autour des relations du sujet aux humains, aux congénères, aux déplacements dans l’espace, à la nourriture, aux promenades, aux ressources, etc. Il faudrait questionner longuement les propriétaires, se déplacer directement sur le lieu de vie, recueillir des indicateurs multiples… c’est malheureusement impossible dans la réalité.

De plus, pour approcher au mieux la propension réelle de l’animal à cohabiter paisiblement dans notre société, la discussion avec ses êtres d’attachement (ses propriétaires) est indispensable, mais… leur affection et leur manque d’objectivité sont également un écueil à contourner.
 

Laurence Bruder Sergent
www.vox-animae.com 



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