Votre navigateur ne semble pas supporter JavaScript !
Vincent Pfeiffer

La connaissance de la biologie et l'éthologie de nos carnivores domestiques est en priorité ce qui guide l'organisation des journées et les aménagements réalisés dans ma SPA de Besançon.


Expertise...

Dominance, hiérarchie, folklore et certitudes - Page 2

Par Vincent PFEIFFER

Ce qui s’ensuit, fut sûrement de transporter ce schéma social du loup au chien familier. Sachant que tous les chiens descendent du loup (et font même partie de la même espèce), on oublia que la biologie, le développement le comportement et l’habitat de ces deux canidés n’ont plus rien à voir. Que les transformations profondes dues à la domestication ou l’imprégnation sont aussi importantes qu’irréversibles. 

Au risque d’utiliser un terme étonnant, il faut dire que le chien familier est un animal captif. Qui n’assouvit rien sans l’aval de l’homme (alimentation, excrétion, reproduction, sommeil, etc.). 

Sa communication à l’intérieur de son espèce étant déjà réduite au minimum (et encore, ne parlons pas des chiens aux oreilles coupées, queue, museaux aplatis ou yeux cachés sous le poil). Savez-vous que le loup utilise ses vingt-quatre muscles faciaux pour communiquer ? Le chien, lui, n’en a plus que douze… 

Donc, le pire fut de penser qu’on peut hiérarchiser deux espèces : l’Homme et le Chien Familier, qui cohabitent et communiquent avec des codes sociaux extrêmement différents. 

Le maître n’est pas un chien, s’adapter aux moyens de communication - et de perception - d’une espèce ne signifie pas singer des comportements emblématiques sortis de leur contexte.

Les moyens de communication rudimentaires du chien familier et la difficulté pour l’homme à les interpréter, fait dire aujourd’hui aux éthologues et comportementalistes qu’il ne peut exister d’organisation sociale entre l’homme et le chien. Leurs moyens de communication ne se comparent pas. 

Un chien ne se figure pas que Papa commande, en dessous il y a Maman et encore au dessus de lui, il y a les enfants ! La hiérarchie n’a jamais un caractère permanent. Elle ne correspond qu’à l’action et à la réaction, dans un contexte précis, entre deux individus. La dominance ne peut donc s’exprimer que de façon ponctuelle et uniquement duelle. 

Malheureusement, pour le maître, croire que décider de quelque chose et d’y contraindre son chien signifie que la hiérarchie est établie ou, qu’ainsi, elle se renforce. C’est précisément là l’origine de la dégradation relationnelle que constate le comportementaliste lors des entretiens. 

L’objectif ouvertement reconnu de dominer son chien de devrait plus exister aujourd’hui. 

Un vrai leader n’impose pas son statut par la force. Il mérite ce statut à travers l’empathie et la compréhension de la communication de l’autre espèce. Proposer, être suivi, investi de la confiance d’un animal n’a RIEN à VOIR AVEC LA CONTRAINTE. 

L’incompréhension et l’anthropomorphisme(*) sont donc le plus souvent responsables de ces dégradations relationnelles.

Mais, on peut aussi voir la peur… Peut du maître de "mal faire" - peur de se laisser déborder. 

Tout comme la mauvaise foi : et si Rex menaçait pour se défendre ? Et si Médor était tout simplement mal socialisé - ou peureux - bloqué par cette trop courte laisse, avec comme unique ressource que de grogner ? Et si Youki ne savait tout simplement pas ce que veut dire le son "assis" ?

Certes, ces hypothèses sont sûrement moins valorisantes pour le maître que d’étiqueter son chien comme "dominant" !!


Vincent Pfeiffer

Directeur de la SPA de Besançon et Comportementaliste

Intervenant dans les formations de Vox Animae

http://www.spa-besancon.fr/

(*) anthropomorphisme : "tendance à attribuer les sentiments, les passions, les actes et les traits de l’homme à ce qui n’est pas homme". 



Write a comment

  • Required fields are marked with *.

If you have trouble reading the code, click on the code itself to generate a new random code.